Bien gérer les filtres à facettes en SEO : notre guide

Le nom de « filtre à facettes » ne vous dit rien ? Pourtant, vous savez déjà ce que c’est ! Quand vous vous rendez sur un site commerce, par exemple dans la catégorie T-shirts : vous avez l’opportunité de filtrer par couleur, par taille, par marque ou encore par gamme de prix. Oui, vous l’aurez deviné, ce sont eux les filtres à facettes. Ce sont des filtres qui changent la nature de la page (car on rentre dans une sous-catégorie). Alors on pourrait penser qu’il faut tous les indexer pour maximiser la visibilité de longue traîne ? Eh bien oui… mais non ! Perdu ? Je vous explique tout dans l’article.

Cet article en bref

  • Les filtres à facettes multiplient les URL à une vitesse vertigineuse ce qui peut noyer votre budget de crawl et diluer la puissance interne de votre site.
  • Certaines facettes correspondent à une vraie demande de recherche et méritent d’être indexées comme des pages d’atterrissage à part entière. Mais en réalité, pour la grande majorité, elles n’ont pas d’intérêt.
  • La seule méthode viable c’est donc un tri durant lequel on va chercher à indexer les combinaisons qui peuvent apporter de la valeur et à neutraliser les autres.
  • Les paramètres de tri, eux, ne doivent quasiment jamais générer d’URL indexable.

La navigation à facettes, kezako ?

Quand vous arrivez sur une catégorie « Chaussures de running » et que vous cochez « Homme », « Pointure 42 », « Nike » et « Moins de 100 € », vous utilisez une navigation à facettes. Chaque attribut du produit (couleur, taille, marque, matière, gamme de prix, disponibilité…) devient un critère de filtrage que l’internaute combine à sa guise pour raffiner la liste de résultats.

À l’usage, c’est ultra confortable, personne ne dira le contraire ! Mais ça soulève également beaucoup de questions en SEO. Pourquoi ? Car chaque sélection modifie l’URL, le plus souvent via des paramètres du type ?couleur=rouge&marque=nike&taille=42. De ce fait, chaque clic de filtre crée potentiellement une nouvelle adresse, avec son propre contenu, que les moteurs de recherche peuvent découvrir et tenter d’explorer. Vous commencez à comprendre le problème ?

Les filtres à facettes en SEO : une opportunité et un gros risque à la fois

En fait, on peut voir les filtres à facettes en SEO comme une lame à double tranchant. D’un côté, la stratégie est top car elle va générer des pages ultra-ciblées qui répondent à des intentions de recherche très précises. C’est de la longue traîne parfaite et qui ne dépend pas d’une fiche produit potentiellement vouée à disparaître ! Mais de l’autre, elle produit une quantité astronomique d’URL de faible valeur qui peuvent asphyxier l’exploration de votre site.

Tout l’enjeu de la stratégie SEO est alors d’arbitrer entre quelles pages issues des facettes servent réellement votre visibilité et lesquelles ne font qu’encombrer.

Votre site ne vous rapporte rien ?

Donnons-lui une seconde chance.
Nous vous offrons l’audit SEO de votre site.

Demander mon audit

Les atouts des filtres à facettes

Si on reprend la vision de notre lame à double tranchant, commençons par les points positifs dont le plus gros n’est autre que le confort de navigation. Qui, en plus d’améliorer la conversion, peut envoyer des signaux positifs à Google par le temps de visite du site de votre client.

Autre intérêt : la capacité à couvrir de la longue traîne. Sur un catalogue de plusieurs milliers de références, il est impossible de créer manuellement une page pour chaque intention de recherche. Or, une requête comme « robe de soirée rouge grande taille » correspond à une combinaison de facettes qui existe déjà sur votre site. Si cette combinaison génère une page cohérente, avec suffisamment de produits et un contenu travaillé, vous disposez d’une page d’atterrissage parfaitement alignée sur une recherche à forte intention d’achat, sans avoir rédigé une seule ligne à la main. Multipliée par des dizaines ou des centaines de combinaisons pertinentes, cette mécanique peut vous permettre d’attirer un flux de visiteurs notables et, donc, de générer du chiffre d’affaires.

Les risques inhérents aux filtres à facettes en SEO

Mais, mais mais mais, il ne faut pas négliger les risques SEO des filtres à facettes.

 

Une explosion du nombre d’URL crawlables

Imaginez une catégorie avec seulement cinq facettes disposant chacune de quatre valeurs. Les combinaisons possibles se comptent déjà par centaines. Ajoutez la possibilité de cumuler les filtres dans n’importe quel ordre et vous obtenez des milliers d’URL uniques pour une seule catégorie de départ. Sur un catalogue entier, ça veut dire des millions d’adresses générées automatiquement. Un site qui affiche 3 000 produits peut ainsi exposer plusieurs millions d’URL aux robots. Et de cette prolifération va naître beaucoup d’autres problèmes SEO.

Un gaspillage du budget de crawl

Google alloue à chaque site une capacité d’exploration limitée : un certain volume de pages qu’il accepte de parcourir sur une période donnée. Quand Googlebot passe son temps à explorer des combinaisons de filtres sans intérêt, il consacre d’autant moins de ressources à vos autres pages qui génèrent du résultat. De ce fait, vos contenus stratégiques sont découverts et rafraîchis plus lentement.

La création de contenus dupliqués ou quasi dupliqués

Beaucoup de combinaisons de facettes renvoient des listes de produits presque identiques. Filtrer par « en stock » sur une catégorie où tout est disponible ne change rien à la page affichée. Google se retrouve face à des dizaines de variantes d’une même page sans savoir laquelle privilégier.

Une dilution du PageRank interne

Chaque lien interne transmet une part de la puissance de votre site. Lorsque vos pages pointent vers des milliers d’URL de facettes, cette puissance se disperse en fines gouttelettes au lieu de se concentrer sur les pages qui doivent ranker. Vos fiches produits et vos catégories phares se retrouvent alors sous-alimentées, simplement parce que le jus SEO est envoyé sur des adresses sans intérêt.

Des risques de cannibalisation

Quand plusieurs URL très semblables ciblent la même intention de recherche, elles se font concurrence entre elles dans les résultats. Google hésite, alterne les pages positionnées et aucune ne parvient à s’imposer. Vous vous retrouvez avec plusieurs pages moyennes là où vous auriez pu en avoir une seule, forte et bien positionnée.

Comment décider quelles facettes indexer ?

Bon, ok, les filtres à facettes en SEO ont des bons côtés, mais aussi des risques, ça, vous l’aurez bien compris. Mais alors, comment on décide quelles facettes indexer. Eh bien il faut se poser une question : cette combinaison de filtres correspond-elle à une recherche réelle des internautes ? Je m’appuie sur trois critères pour trancher.

Le premier est la demande de recherche. Une facette mérite l’indexation uniquement si des gens tapent effectivement la requête correspondante dans Google. Une analyse de mots-clés vous dira si « canapé d’angle convertible gris » génère du volume et si « canapé disponible sous 48 h en velours côtelé beige » n’intéresse personne. (Parfois, le bon sens se suffit à lui-même !)

Second point à analyser : la richesse de la page. Comme vous pouvez vous en douter, une facette qui ne remonte que deux ou trois produits crée une page pauvre, qui ne servira ni l’internaute ni votre référencement. Enfin, troisième critère : la valeur commerciale. Tout simplement, car certaines combinaisons, même avec un peu de volume, ne correspondent pas à vos priorités business.

En clair, on indexe une facette lorsqu’elle croise une vraie demande, un volume de produits suffisant et un intérêt commercial. Et vous allez voir ce que cela va énormément dégrossir le flux d’URLs envisageables !

Comment gérer les combinaisons de plusieurs filtres ?

Attention sur ce point, vous pouvez faire exploser votre stratégie à ce stade : vous vous rappelez quand j’ai mentionné plus tôt dans l’article que les filtres s’empilaient les uns sur les autres ? C’est cela, sauf que si vous avez 5 filtres actifs à la fois, vous créer des ordres de grandeur délirants. Donc il faut être vigilant sur ce point.

Personnellement, je détermine à l’avance la liste précise des combinaisons qui méritent d’exister aux yeux de Google, donc celles qui ont une demande de recherche identifiée. Toutes les autres (en clair l’immense majorité) sont soit exclues du crawl soit renvoyées vers leur catégorie parente via une balise canonical soit passées en noindex.

Votre site ne vous rapporte rien ?

Donnons-lui une seconde chance.
Nous vous offrons l’audit SEO de votre site.

Demander mon audit

Quid des paramètres de tri ?

Trier une liste par prix croissant, par popularité ou par nouveauté ne modifie en rien le contenu de la page. Vous conservez sont exactement les mêmes produits, présentés dans un ordre différent. Ces variantes n’apportent aucune valeur de référencement et ne correspondent à aucune intention de recherche.

De ce fait, les paramètres de tri ne doivent quasiment jamais générer d’URL indexable. Il faut donc empêcher leur exploration ou faire pointer toutes les versions triées vers l’URL de la liste par défaut à l’aide d’un canonical. Vous évitez ainsi de créer des dizaines de doublons parfaits pour chaque page de catégorie, ce qui, à l’échelle d’un gros catalogue, représente des milliers d’URL parasites en moins.

Le fonctionnement des filtres à facettes en SEO vous semble plus clair à présent ? Si vous souhaitez aller plus loin dans la gestion SEO de votre e-commerce, n’hésitez pas à nous contacter !

Foire Aux Questions

Faut-il vraiment indexer des pages de filtres ?

Oui, mais avec parcimonie et discernement. Seules les combinaisons qui répondent à une demande de recherche avérée, avec un volume de produits suffisant, méritent l’indexation.

Le canonical suffit-il à régler le problème du budget de crawl ?

Non. Le canonical consolide les signaux d’indexation, mais Google doit tout de même explorer la page pour le lire. Il ne préserve donc pas votre budget de crawl. Pour économiser l’exploration, c’est le blocage au niveau du robots.txt ou l’absence de lien crawlable qui font le travail.

Par où commencer sur un site existant ?

Par un crawl complet de votre site pour mesurer le volume réel d’URL générées, croisé avec une analyse de vos logs serveur pour voir où Googlebot dépense son énergie.